09.12.2011
Benjamin Fondane
En attendant une lecture sur Lucarnes, des poèmes de Benjamin Fondane , ou pour commencer, quelques extraits du long poème Ulysse. Nous les proposons en hommage aux émigrants qui chaque jour, s’arrachant au pays natal s’efforcent de tisser dans d’incertains rafiots, par des routes hasardeuses, le fil d’une existence possible.
« …. Les émigrants ne cessent d’escalader la nuit
ils grimpent dans la uit jusqu’à la fin du monde,ils rompent comme frères leur lait et le partagent
un sanglot fit le tour du monde,
et nous irons, bris d’une vieille danse,
sur toute la terre, et plus loin,
porteurs d’un grand secret dont s’est perdu le sens, crier au visage des hommes notre soif incurable…
— A quoi servirait notre vie,
à quoi nos batailles perdues, sinon à un Triomphe dont s’est perdu le sens,
et pour porter en fraude aux hommes
sous l’œil absent des douaniers—
une nouvelle beauté panique »
p.
Émigrants, diamants de la terre, sel sauvage,
je suis de votre race,
j’emporte comme vous ma vie dans ma valise,
je mange comme vous le pain de mon angoise,
je ne demande plus quel est le sens du monde,
je pose mon poing dur sur la table du monde,
je suis de ceux qui n’ont rien, qui veulent tout
—je ne saurai jamais me résigner ».
« si petit, si petit et si plein
si plein, si plein et si petit, si petit et pouvoir sangloter
si plein à pouvoir tout étreindre
un fleuve monte en moi, il monte,
je ne peux pas l’arrêter de mes mains
je ne peux pas l’empêcher de mon corps
- il passe à travers moi - il monte-
il monte »
L.L.
11:09 Publié dans notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fondane



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