20.03.2009
Paul Gadenne, notes
Quiconque a vécu, une fois, ne serait-ce que l’espace d’une minute, sur de pareils sommets, s’en souviendra toujours, - et la vie après lui paraîtra longue, et les jours ternes et sans emploi. La vie bouge en nous, et ne nous laisse jamais longtemps à la même place. Des rencontres comme celles-ci, je le dis, ne se produisent que par exception. Vous aurez beau rêver cela toute votre vie, il est bien rare que le ciel vous accorde cet extraordinaire privilège. Je l’ai connu, et maintenant je n’ai pas trop de toute ma vie pour y rêver.
L’expérience de l’éloignement, c’est l’expérience de la nuit, - c’est la privation du dialogue. Le sens du dialogue se perd. Dans le monde comme dans la vie privée. Les gens (que je vois) ne savent que monologuer, ils n’écoutent plus qu’eux-mêmes. Personne ne semble plus s’intéresser à la pensée de l’autre. Dans un vrai dialogue, chaque mot est une surprise, chaque mot nous modifie. Et il y a surtout l’aura des mots, car les mots sont toujours un à peu près.
Quelle que soit la passion avec laquelle je désire le bien de mes semblables, et même
le mien parfois, j’éprouve une incapacité profonde à borner mes regards à l’horizon humain; et plus qu’une incapacité, une répugnance.
carnets Paul Gadenne, la Rue profonde, n°9
Ma vie continue à être dominée par les mythes. Le paroxysme est la loi de ma nature. Les choses et les êtres pénètrent en moi avec une violence qui ne tarde pas à tourner à la torture... Je vais au devant du monde avec une avidité atroce et mon premier mouvement est de briser tout ce qui me résiste.
carnets La Rupture, Paul Gadenne
Le bonheur d’écrire, c’est celui de vivre dans l’avenir, dans un état d’espoir constant, dans un monde où tout est possible. C’est de savoir qu’il est possible de devenir un autre.
Paul Gadenne, A propos du roman
Paula Balso
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